Le grand lit
Le vent dessine le nuage
pour laisser passer le bleu.
Regarde,
dans mon cœur vit mon visage
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Le vent dessine le nuage
pour laisser passer le bleu.
Regarde,
dans mon cœur vit mon visage
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Un jeudi sur deux : un vers d’un grand poète, une lecture courte, et un quatrain qu’il vous reste à finir.
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Stéphane Mallarmé, Apparition, 1863
Mallarmé aurait pu écrire « tu m’es apparue en riant ». Il a glissé le gérondif entre l’auxiliaire et le participe, et ce seul déplacement change l’ordre du monde : on entend d’abord le rire, la figure vient après. L’apparition n’est pas vue, elle est entendue.
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Quatre fois la même pierre — celle du jardin, celle du chemin, celle qu'on porte au cou — et la couleur qui n'arrive qu'au dernier mot. C'est toute l'architecture de ce petit mot, et elle passe intacte en turc, où taş est aussi bref et aussi commun que « pierre ».
À l'aube du prochain printemps je serai une pierre de votre jardin.
Lors de vos prochaines promenades je serai une pierre de votre chemin.
À votre cou je serai une pierre précieuse.
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Après le vent de la colère
le vide n’a plus de couleur
Alors, respirons-nous par le bleu passé ?..
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Si loin de la douceur
le bleu du drap devient le gris d'un ciel
où nous pourrions nous perdre
dans un simple souvenir.
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A corriger d'espaces vides
nos lignes incertaines.
Sous les lunes pensives
ouverts la nuit, se creusent.
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C'est frôler ta jambe chaque matin
C'est baisser la fenêtre pour se dire « je t'aime »
C'est, nos sourires à l'heure du départ,
Car nous nous reverrons
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Du sablier sans paroi
s'écoule le vent de tes veines
ton amour bleu nâcre les fenêtres
de mes mains vides de ta peau
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De l'écorce bleue
Autour de ton bras
Pour nous suspendre
A notre air passé
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