
À sécher les larmes des lunes nostalgiques
À guérir les peaux blessées de poésie
À cultiver les chemins pour des jours de fleurs
À offrir mes bras aux arbres morts d’hiver
À tituber de l’alcool bleu de tes yeux noirs
À conjuguer nous aimer dans notre temps.
Tu es la femme clé
de mes portes closes.
Tu es la femme magie
de mes univers.
À crier au vent de te voler pour moi
À comprendre l’impossible théorème
À faire sourire l’aveugle de nos images
À donner au ciel la couleur de nos cœurs
À tromper l’absence dans le présent de nos mains
À serrer les draps si fort pour leur donner ton corps.
Je suis le pasteur de ta bouche
mon temple et ma seule religion
de nos langues à genoux
s’élève la prière d’être ensemble.
À courir pour accrocher ton souffle à mon cou
À n’être seul que pour mieux te retrouver
À dévorer le temps qui nous sépare encore
À angoisser les lettres de gris sans toi
À rencontrer la mort pour lui parler de nous
À devenir un autre et te séduire à nouveau.
Nous sommes l’infini réaliste
les seules valeurs des équations absolues.
Chaque aurore, les oiseaux les plus amoureux
siffleront au soleil, nos deux noms.
© Emirelo — mars 2007


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